“L’échappée belle” d’Anna Gavalda

octobre 19, 2009

Mauvaise pioche !

Décidément, Anna Gavalda va croire que je lui en veux….  Il y a quelques mois, j’avais éreinté La Consolante. Aujourd’hui, je m’apprête à faire de même pour L’échappée belle. Ce n’est pas de l’acharnement, juste de la constance… Les romans d’Anna Gavalda me tombent des mains. Il n’y a rien à faire. Je ne pourrai jamais faire partie de son fan club !

Et pourtant, ce cinquième roman commençait plutôt bien… Les frères et sœurs d’une famille unie se réunissent le temps d’un week-end pour assister à un mariage. L’un d’entre eux manque à l’appel. Il est bloqué dans un château à quelques kilomètres de là. Du coup, sur un coup de tête, les autres décident (avant même d’entrer dans l’église) de le rejoindre. Ils abandonnent alors femmes et enfants et prennent la route ! Jusque là, le roman se révèle plutôt amusant. Il se lit d’une traite et on s’attend même à revivre avec eux une partie de notre enfance. On espère (comme annoncé en quatrième de couverture) qu’ils vont échanger les mêmes souvenirs de jeux, de lecture ou encore de musique que nous. Et puis, non. Rien ne se passe. Au fil des pages, l’histoire a plutôt tendance à se dégrader. Les personnages se retrouvent au milieu d’un mariage de prolétaires (aucun lien logique avec le début du roman) ; ils perdent leur semblant d’épaisseur et la pseudo héroïne hoquette des « j’hallucine » à tous bouts de phrases.

Le style devient de plus en plus pathétique. Il est plat et sans originalité. Anna Gavalda veut avoir l’air « à la mode » mais elle est complètement has been.

Alors que tous ceux qui ne l’ont pas encore lu se rassurent : ils l’ont échappé belle…

L’échappée belle (Le Dilettante, 10€) cinquième ouvrage d’Anna Gavalda à paraître le 4 novembre.


“Les aimants” de Jean-Marc Parisis

octobre 5, 2009

 

Jean-Marc Parisis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allons droit au but : je suis déçue.

Terriblement déçue par le nouveau roman de Jean-Marc Parisis « Les aimants ». Et j’ai l’impression d’être la seule… La presse littéraire est unanime et crie au chef d’œuvre ! D’après elle, Parisis signe-là son meilleur roman. Foutaise ou copinage ? Quoi qu’il en soit, je ne partage absolument pas ce point de vue. Et sans vouloir contredire ces chers critiques littéraires, je pense l’inverse. C’est de loin son moins bon roman…

Et je ne suis pas en train de régler mes comptes. J’adore Jean-Marc Parisis. Son style poétique désenchanté ; son imaginaire chatoyant et ses thèmes souvent douloureux me plaisent. Parfois, en le lisant, je pense à Charles Bukwosky (la grossièreté en moins…). Car comme lui, il arrive à rendre le quotidien lumineux. A l’éclairer sous un nouveau jour. A le rendre romantique et fascinant.  Désillusionné, il ne tombe pourtant jamais dans le pathos. Il se contente de décrire les choses telles qu’elles sont et c’est ce qui les rend belles.

Excepté dans « Les aimants ». Parisis bascule dans les clichés. Un jeune homme et une jeune fille se rencontrent sur les bancs de la fac. Ils sont à la Sorbonne, en lettres, flânent dans le quartier Saint Germain ; passent leur temps au Rostand ; écrivent et se font lire leurs manuscrits…. Bref cela manque d’originalité. On a l’impression d’avoir déjà lu 100 fois ce roman. Et puis à part une ou deux phrases bien tournées son style tombe à plat. Il n’y a pas d’émotion. On ne ressent pas le vécu. Il ne se passe rien.

Mais où est passé l’auteur de la mélancolie des fast-food ?

Editions Stock 2009, 100 pages, 13,50€


“Zéro faute” de François de Closets

septembre 23, 2009

Lettres

J’ai toujours fait des fautes d’orthographe.

Enfant, j’accumulais les mauvaises notes en dictée. Adulte, j’utilise des subterfuges pour écrire le plus convenablement possible. J’emploie par exemple des synonymes lorsque j’hésite sur l’orthographe d’un mot ; j’adopte les temps les plus simples par peur de faire une faute de concordance ; j’écris sous word mes mails afin d’éviter au maximum les erreurs d’inattention. Et ainsi de suite…

Jusqu’à aujourd’hui, j’avais honte d’avouer cette lacune. Car c’en est une, il ne faut pas se leurrer. Mais après avoir lu Zéro faute de François de Closet, je me sens enfin décomplexée.

En lisant cet ouvrage, j’ai tout d’abord découvert que je n’étais pas un cas unique. En effet, certains hommes de lettres, aussi talentueux soient-ils, commettent eux aussi des fautes impardonnables. Je m’en doutais, bien évidemment… Mais, le voir écrit noir sur blanc a déclenché en moi une sorte de soulagement.

Ensuite, j’ai appris, sans chercher à me trouver des excuses, que la langue regorgeait d’aberrations. Juste une petite démonstration en guise d’exemple : Comment appelle-t-on quelqu’un qui a de l’orthographe ? Je vous laisse chercher quelques secondes… Vous ne voyez pas ? Pourtant, c’est si simple… Toujours pas ? Eh bien, je vais vous donner la réponse : c’est un « orthographe », écrit sur le même modèle qu’un « biographe » ; un « photographe » ; etc. Surprenant, non ? Depuis toujours nous employons à mauvais escient ce terme. On devait dire des fautes d’orthographies et non d’orthographe. « L’orthographe » employée au féminin et dans le sens d’ « orthographie » n’est qu’un vulgaire barbarisme. Et ce n’est pas là le seul exemple ! Notre langue en regorge…

Enfin, j’ai lu avec intérêt toute l’histoire de notre langue (ses évolutions, ses combats, ses échecs…) sans jamais m’ennuyer un seul instant. Et pour cause : ce livre n’a rien de laborieux ou de scolaire. C’est une sorte de roman de l’orthographe. Il y a du rythme car François de Closet est un journaliste qui a bati son œuvre sous la forme d’une grande enquête ; mais aussi de la pertinence et de l’humour.

Un livre magistral qui met en évidence les incohérences de notre langue et démontre qu’une simplification orthographique n’aurait pas trahi le français mais l’aurait au contraire rendu un peu plus cohérent…


“Le Marché des amants” de Christine Angot

septembre 24, 2008

En pleine nuit, j’ai demandé à mon mari de tester une nouvelle position.

J’avais lu dans le dernier roman de Christine Angot, Le marché des amants, que Doc Gynéco adorait la prendre par derrière les genoux croisés dans le dos. J’ai d’abord eu un peu de mal à imaginer la scène et puis j’ai eu envie d’essayer… Après tout, pourquoi pas !

Si la position s’est effectivement révélée plutôt efficace, le roman de Christine Angot m’a quant à lui beaucoup déçu. Moi qui suis une inconditionnelle d’Angot, qui me jette sur ses livres à peine arrivés en librairie, qui la défend coûte que coûte contre ses détracteurs et qui n’avais même aucun à priori sur sa liaison avec le chanteur de rap (on voit tellement n’importe quoi ici !), eh bien, je n’aurais jamais cru être un jour aussi déçue par l’un de ses livres !

Comme l’affirme avec beaucoup de justesse Christine Ferniot dans Lire (septembre), j’ai toujours trouvé que les romans de Christine Angot « allaient au-delà de l’autofiction » que sa vie d’écrivain devenait une vie d’écriture. Et puis, là plus rien ! Le marché des amants se résume à une vague « romance people entre Christine Angot et Doc Gynéco ».

Et dire que jusqu’à présent, je dévorais ses œuvres à toute allure, sans respirer, le cœur battant. Là, pour la première fois j’ai eu du mal à me concentrer. Je parcourais ses phrases en pensant à autre chose. J’attendais mollement d’arriver à la fin du livre. Une fois achevé, j’ai déposé le bouquin dans un coin de ma chambre. Et je l’ai oublié…

A noter cependant la sortie d’un très bon roman sur Angot : “Quelques jours avec Christine A.” L’auteur Frédéric Andrau – un jeune journaliste – raconte sa fascination pour Angot, établi des parallèles intéressants entre elle et Duras et fait tomber les masques de la littérature en brouillant les frontières entre réalité et fiction.

« Le Marché des amants », par Christine Angot, Seuil, 320 p., 19,90 euros
« Quelques jours avec Christine A. » de Frédéric Andrau, Plon, 178p.,18€.


“Seul après L’Elysée” de Guillaume Leuwen

juin 20, 2008

L’autre jour, en passant à vélo devant le musée du quai Branly, j’ai pensé à Jacques Chirac.

Je l’imaginais en train de scruter, derrière ses grosses lunettes en écailles, une statue aux côtés de Kofi Annan.

Depuis le lancement de sa fondation, l’ex-président fait la Une de toutes les rubriques « culture » des magazines. Un juste retour des choses…

Moi, c’est en lisant l’imposante biographie de Pierre Péan « Chirac, l’inconnu de l’Elysée » que j’ai découvert à quel point notre ancien président était cultivé. Mais, en levant le voile sur la mystérieuse personnalité de Chirac, ce bouquin m’a surtout donné envie d’approfondir le sujet, de mieux connaître le “personnage”.

C’est à ce moment-là que j’ai ouvert l’ouvrage de Guillaume Leuwen « Seul après l’Elysée » (Mercure de France).

Comparé au précédent, ce livre n’est rien d’un document historique puisque l’ouvrage se présente comme le journal imaginaire de Chirac, rédigé au moment de son départ de l’Elysée jusqu’à ce jour. Mais, il est relativement plaisant à lire.

En dehors des inévitables clichés – sa passion immodérée pour l’art, son admiration démesurée pour Pompidou, son éternel côté séducteur… – on pénètre avec beaucoup de curiosité dans son intimité. Et l’on imagine très bien qu’elles ont pu être certaines de ses réactions. Les bonnes comme les mauvaises ! On trouve entre autres quelques réflexions gratinées sur Sarko…

« La force du président, c’est de vivre dans l’instant, affranchi de tout passé. Ce n’est pas avec moi qu’il a rompu, c’est avec tous les présidents de la Ve république. J’avoue que j’ai du mal à me faire à son style. Il s’est affalé sur la chauffeuse de Paulin, les jambes écartées ; pour un peu, il ôterait ses chaussures et poserait ses pieds sur la table. Tout le temps de l’entretien, il frotte avec un mouchoir le cadran de sa montre, trop grosse, trop tape-à-l’œil à mon goût. Le nouveau régime à inventé une nouvelle figure : l’enfant président » (p. 74-75).

ou encore :

« Numéro stupéfiant de Match. Le président pose en couverture un pied sur le bureau du Général. Il ne doit pas savoi que l’on se déchausse dans les lieux sacrés. C’est notre amie Bettina Rheims, l’auteur de mon porttrait dans le jardin de l’Elysée en 1995, qui a réalisé cet incroyable reportage. Rien ne nous ai épargné, du cigare dans le salon doré au dressing et à la chambre à coucher du président. Personne n’a jamais photographié mon lit, ni celui de De Gaulle, de Pompidou et de Giscard. J’apprends à l’occasion que le président habite, sous les toits, les appartement du roi de Rome où s’était installée ma femme. Il fait son jogging dans le parc, devise avec son fils dans la salle à manger Poulin transformée en salle de jeux : la collection de Lego de Louis trône sur l’une des tables de verre fumé ! je referme ce numéro de Match, perplexe et au final plus agacé qu’amusé » (P. 154-155).

Un roman troublant de réalisme…


“Frère et soeur” de Patrice Juiff

juin 16, 2008

Ce matin en me réveillant, je me suis dit que je ne prenais plus plaisir à alimenter mon blog.

Je me suis alors demandée d’où cela pouvait provenir et je suis arrivée à la conclusion suivante : je ne différencie pas suffisamment mon job de mon blog. Mes interventions ressemblent trop à mes chroniques de livres. Et inversement.

J’ai l’impression de me distraire en bossant ou de bosser en me distrayant. Je dis donc : stop !

Néanmoins, j’ai toujours très envie de parler de littérature… J’ai donc décidé de le faire autrement. Sans dire : « ce livre est bon, lisez-le ! » mais en vivant mes livres au jour le jour. Juste pour moi, égoïstement.

Cette envie m’a prise dans le métro, il y a deux jours. Concentrée, je récapitulais mentalement tout ce que je devais faire dans la journée sans prêter la moindre attention à mon entourage. Jusqu’au moment où une énorme bonne femme, un gâteau dégoulinant de crème pâtissière en bouche, s’installe en face de moi. Je la regarde déglutir. Et là, le premier roman de Patrice Juiff : « Frère et sœur », me revient en mémoire.

Le livre (écrit en 2003) raconte une histoire d’amour hallucinante entre un frère et une sœur. Les deux jeunes gens (deux paumés ultra-sensibles) vivaient en reclus dans une petite maison de banlieue. Lui, travaillotait ; elle, était obèse. Les pages décrivant le corps de la jeune femme me resteront à jamais gravés en mémoire. Surtout, la scène de la salle de bain…

Un jour, la jeune femme s’aperçoit en allant uriner qu’elle saigne. Intriguée, elle relève sa jupe et sent quelque chose de chaud entre ses jambes. Elle agrippe alors la petite masse gluante et se rend compte avec effroi qu’elle est entrain d’accoucher ! Elle ne s’était pas rendue compte qu’elle attendait un enfant. Effrayée, elle s’empresse de couper le cordon ombilical avec le rasoir de son frère qui traînait sur le lavabo, empaquette le nourrisson dans un lange de fortune et le cache ensuite dans un placard. Une fois débarrassée du petit, elle nettoie la salle de bain comme si de rien n’était. Son frère s’apercevra de l’infanticide quelques semaines plus tard en ouvrant le placard…

Pendant tout mon trajet (de la gare de Lyon à Saint-Lazare) j’ai alors regardé ma voisine de siège bizarrement. Mon regard était mêlé de reproche mais aussi de compassion. Agacée par mon comportement, elle a fini par changer de place. Elle a peut-être bien fait ! Faut toujours se méfier quand l’imagination se mêle au réel…


“La stratégie des antilopes” de Jean Hatzfeld

mai 21, 2008

Après deux ouvrages poignants consacrés au terrible génocide rwandais, Jean Hatzfeld (ancien grand reporter à Libération) conclut sa trilogie par un magistral troisième volet La stratégie des antilopes. Après s’être attaché à décrire ce qui s’était passé dans les marais, d’abord auprès des victimes (Dans le nu de la vie), puis des bourreaux (Une saison de machettes), il relate aujourd’hui l’horreur vécu dans les forêts. Ultime lieu de refuge pour plus de six mille Tutsis (dont seulement vingt ressortiront vivants !), les forêts ont été le théâtre d’effroyables boucheries. Mais pour les rescapés, le plus dur reste sans aucun doute le pardon ou plutôt la coexistence forcée avec leurs bourreaux. Ceux qui les ont traqué pendant des journées entières et qui ont découpé à la machette leurs proches. En effet, depuis janvier 2003, la présidence rwandaise a décidé de libérer des dizaines de milliers de Hutus, en vue d’un procès de réconciliation. Les deux ethnies ennemis doivent donc apprendre à vivre ensemble, selon les impératifs exigés par un pays qui espère une lointaine réconciliation. A travers de nombreux témoignages et entretiens, les Tutsis livrent à demi-mot leur douleur et prononce un dernier souhait : continuer à vivre, malgré tout. Un travail de mémoire et d’écriture remarquable qui a été récompensé par le prix Médicis en 2007.


“Chaque femme est un roman” d’Alexandre Jardin

avril 20, 2008

Quoi, tu lis encore Alexandre Jardin ?! Mais, il n’est pas devenu un peu ringard avec le temps celui-là ? Il me rappelle tellement mes années lycée… Toutes les filles ne juraient que par ses romans ! Le Zèbre, Fanfan et autres Ile des gauchers… C’est drôle que tu le lises encore toi qui aimes autant la littérature… Voilà, le genre de réflexions idiotes que j’entends à chaque fois que je recommande le dernier roman d’Alexandre Jardin Chaque femme est un roman. Et franchement, cela a le don de m’agacer… D’autant plus que cet auteur a toujours su brillamment se renouveler. Ses émouvantes histoires de couples à la recherche de l’amour éternel sont bien loin derrière lui. Désormais, il fait dans… l’excentrique ! On l’a vu dernièrement avec Le Zubial et Le roman des Jardin, dans lesquels il dévoilait au grand jour les frasques improbables de ses proches. Aujourd’hui, il en remet une couche avec Chaque femme est un roman. Mais, cette fois, le sujet est encore plus près de lui… Il nous présente en effet les femmes qui ont traversé sa vie. Des créatures imprévisibles, romanesques, surprenantes, bizarres, déjantées qui concourent (chacune à leur manière) à rendre son livre complètement « foutraque », prévient-il dans le prologue. Le roman se présente alors sous forme de petites nouvelles (chaque femme à son chapitre) dans lesquels vous apercevrez sa voisine qui fait l’amour comme « on sort de la route » ; une lycéenne qui partage sa vie par procuration (elle écrit tous les moments qu’elle aimerait passer avec lui sur des bristols qu’elle colle ensuite aux murs) ; une mère qui brûle sa bibliothèque en vue de la renouveler ; et ainsi de suite.. Dans ce roman, Jardin fait une fois de plus preuve d’une incroyable gaîté et d’une totale originalité. Et peu importe de savoir si les anecdotes sont vraies ou pas. On passe un moment de lecture tellement formidable ! Ah, oui, j’oubliais : pensez à vous munir d’un stylo en lisant ce roman. Il y a quelques merveilleuses phrases à retenir…

Citations :

« A faible coefficient d’audace », p. 32
« Ce choc m’a appris qu’en amour, la liberté de l’autre est induite par notre propre regard. », p. 33
« Gavé de rêveries », p. 38
« Tout homme devrait un jour rencontrer le visage qui lui fera connaître la face inavouée de son caractère », p. 40
« Ma timidité me ligotait et me condamnait alors à une étouffante indécision », p. 44
« Ne l’oublions jamais… Un corps n’attire que s’il échappe. « Oignez, elle vous poindra ; poignez, elle vous oindra », vieux proverbe médiéval… », p. 53
« On ne retient bien que ce qu’on lâche à temps », p. 60
« La rêverie est un recours aussi efficace – et aussi vital – que la littérature. Il ne faut pas réclamer trop au réel », p. 64
etc.…

Alexandre Jardin en vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x4lcza_chaquefemmeestunroman_people
http://www.dailymotion.com/video/x50ceo_alexandre-jardin_news

Prochain roman : La Stratégie des antilopes de Jean Hatzfeld (Seuil)


La consolante d’Anna Gavalda (Le Dilettante)

mars 31, 2008

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Il y a des livres comme ça qui vous tombent des mains. Vous avez beau essayé de vous concentrer, rien à faire, vous ne rentrez pas dans l’histoire. Tout vous déçoit : le style, le ton, l’histoire. Alors vous luttez. Vous vous imposez un planning de lecture : ce soir, je lis un chapitre ; demain un autre et ainsi de suite… Vous êtes confiant et vous vous dites : après tout il y aura forcément du bon ! Mais cela ne vient pas. Vos bonnes résolutions finissent alors par disparaître et vous vous plongez aussitôt dans un autre bouquin ! C’est exactement ce qui m’est arrivée avec le dernier roman d’Anna Gavalda, La consolante. Et pourtant, j’étais impatiente de lire… A peine sortie en librairie, je me suis précipitée dessus. L’épaisseur de l’ouvrage ne me faisait pas peur. Quand un livre est bon, plus il est long, plus on en profite. Mais là, ce n’était pas le cas. Je n’y suis vraiment pas arrivée… Malgré toute la bonne volonté du monde. Pour moi, cet ouvrage va nulle part. Il y a trop de personnages, trop d’histoires en parallèle et pas assez de style. C’est bourré de clichés, les dialogues sont pathétiques, bref : cela ne m’a vraiment pas plu. C’est le genre d’ouvrage qu’on commence avec frénésie mais qu’on abandonne au bout de quelques chapitres sur un coin de notre table de nuit. Dommage…

Prochaine lecture : Chaque femme est un roman d’Alexandre Jardin (Grasset)


Le théorème d’Almodovar d’Antoni Casas Ros

mars 15, 2008

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De toutes les propositions de lectures que je vous ai faites jusqu’à présent aucune n’arrive à la hauteur de ce merveilleux premier roman : Le théorème d’Almodovar.

Ce livre choc est le cri saisissant d’un jeune auteur invisible, Antoni Casas Ros qui a l’âge de 20 ans a eu un tragique accident de voiture tuant sur le coup sa compagne et le défigurant à vie. De cet auteur, on ne sait pratiquement rien si ce n’est qu’il est d’origine catalane et né en 1972. Personne ne le connaît, il décline toutes les interviews qu’on lui propose et à même refusé de rencontrer son éditeur, Richard Millet. Ce jeune homme pour le moins mystérieux vivrait actuellement du côté de Rome… Dernier point à souligner : son texte serait essentiellement autobiographique. Sincérité de l’auteur ou coup de bluff éditorial ? Face à un auteur invisible et à la lecture d’un premier roman aussi maîtrisé, la question ne peut que se poser. Quoi qu’il en soit, la beauté de ce texte reste incontestable.

Difficile donc de raconter l’histoire sans risquer de la trahir. Ce que l’on peut en dire c’est que l’auteur ne tombe à aucun moment dans le pathos. Il troque le désespoir contre l’écriture et préfère nettement privilégier l’imaginaire à la cruauté de la réalité. Il n’est donc jamais dépriment. Ce qu’il aime avant tout c’est nous projeter dans ses fantasmes. Il y rencontre le cinéaste Almodóvar, devient l’un de ses héros, et fait l’amour avec Lisa, un androgyne aux formes magiques. Ainsi, de ces nombreuses scènes cocasses naîtra l’impossible légèreté. Epoustouflant !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur son blog : www.casasros.blogspot.com

Prochaine lecture : “La consolante” d’Anna Gavalda (Le Diletante)