Après Jubilations vers le ciel, Podium, Partouze ou plus récemment Panthéon, Yann Moix change complètement de registre et bascule dans le roman mystique. Il raconte en effet la vie d’Edith Stein, une juive convertie au catholicisme qui entra au carmel, fut déportée pendant la guerre par les nazis et mourut gazée à Auschwitz. Un thème bien loin de ses préoccupations habituelles… Et pourtant ! ça marche. Il nous envoie son livre comme d’autres des gifles. Fort et incisif, son style séduit et dérange à la fois. L’histoire se lit d’une traite. Et on fini même par être fasciné par le parcours de cette saine (qui sera d’ailleurs béatifiée par Jean Paul II). Quelques regrets : les deux points que Yann Moix utilise à foison et les dix dernières pages qu’il consacre à l’immortalité, à l’éternité et à la postérité. Elles sont confuses et indigestes. Il en fait trop et tombe dans un style pompeux qui s’accorde guère avec le reste de l’ouvrage. Néanmoins, en refermant le livre on gardera une très bonne impression générale. On aura même l’impression de n’avoir jamais lu une biographie comme celle-là.
Prochaine lecture : Un léopard sur le garrot de Jean-Christophe Rufin (Gallimard)