mars 31, 2008

Il y a des livres comme ça qui vous tombent des mains. Vous avez beau essayé de vous concentrer, rien à faire, vous ne rentrez pas dans l’histoire. Tout vous déçoit : le style, le ton, l’histoire. Alors vous luttez. Vous vous imposez un planning de lecture : ce soir, je lis un chapitre ; demain un autre et ainsi de suite… Vous êtes confiant et vous vous dites : après tout il y aura forcément du bon ! Mais cela ne vient pas. Vos bonnes résolutions finissent alors par disparaître et vous vous plongez aussitôt dans un autre bouquin ! C’est exactement ce qui m’est arrivée avec le dernier roman d’Anna Gavalda, La consolante. Et pourtant, j’étais impatiente de lire… A peine sortie en librairie, je me suis précipitée dessus. L’épaisseur de l’ouvrage ne me faisait pas peur. Quand un livre est bon, plus il est long, plus on en profite. Mais là, ce n’était pas le cas. Je n’y suis vraiment pas arrivée… Malgré toute la bonne volonté du monde. Pour moi, cet ouvrage va nulle part. Il y a trop de personnages, trop d’histoires en parallèle et pas assez de style. C’est bourré de clichés, les dialogues sont pathétiques, bref : cela ne m’a vraiment pas plu. C’est le genre d’ouvrage qu’on commence avec frénésie mais qu’on abandonne au bout de quelques chapitres sur un coin de notre table de nuit. Dommage…
Prochaine lecture : Chaque femme est un roman d’Alexandre Jardin (Grasset)
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Publié par capucineroche
mars 15, 2008

De toutes les propositions de lectures que je vous ai faites jusqu’à présent aucune n’arrive à la hauteur de ce merveilleux premier roman : Le théorème d’Almodovar.
Ce livre choc est le cri saisissant d’un jeune auteur invisible, Antoni Casas Ros qui a l’âge de 20 ans a eu un tragique accident de voiture tuant sur le coup sa compagne et le défigurant à vie. De cet auteur, on ne sait pratiquement rien si ce n’est qu’il est d’origine catalane et né en 1972. Personne ne le connaît, il décline toutes les interviews qu’on lui propose et à même refusé de rencontrer son éditeur, Richard Millet. Ce jeune homme pour le moins mystérieux vivrait actuellement du côté de Rome… Dernier point à souligner : son texte serait essentiellement autobiographique. Sincérité de l’auteur ou coup de bluff éditorial ? Face à un auteur invisible et à la lecture d’un premier roman aussi maîtrisé, la question ne peut que se poser. Quoi qu’il en soit, la beauté de ce texte reste incontestable.
Difficile donc de raconter l’histoire sans risquer de la trahir. Ce que l’on peut en dire c’est que l’auteur ne tombe à aucun moment dans le pathos. Il troque le désespoir contre l’écriture et préfère nettement privilégier l’imaginaire à la cruauté de la réalité. Il n’est donc jamais dépriment. Ce qu’il aime avant tout c’est nous projeter dans ses fantasmes. Il y rencontre le cinéaste Almodóvar, devient l’un de ses héros, et fait l’amour avec Lisa, un androgyne aux formes magiques. Ainsi, de ces nombreuses scènes cocasses naîtra l’impossible légèreté. Epoustouflant !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur son blog : www.casasros.blogspot.com
Prochaine lecture : “La consolante” d’Anna Gavalda (Le Diletante)
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Publié par capucineroche
mars 4, 2008

En ouvrant le dernier livre de Rufin, on constate (avec une pointe de jalousie) que cet auteur a un don : celui de passer d’un genre littéraire à un autre sans la moindre difficulté. De l’essai politique au roman historique, de la science-fiction au roman sentimental, rien ne l’arrête. Et tout semble (à quelques exceptions près) lui réussir …
Aujourd’hui, il se lance dans une nouvelle aventure : la sienne. “Un léopard sur le garrot” (titre emprunté à un vers de Léopold Sédar Senghor) raconte la place que la médecine a tenue et tient toujours dans sa vie. Il relate, en suivant le fil chronologique, son itinéraire. Celui de son enfance marquée par l’abandon de son père et son attachement décisif à son grand-père, un médecin de campagne. Son entrée ensuite dans la médecine, ses études, longues et laborieuses, ses stages épuisants et bouleversants (où il réalise entre autres des autopsies) et son orientation vers une spécialité : la neurologie. Il évoque ensuite ses années passées dans l’humanitaire avec « Médecins sans frontières » ainsi que ses premiers pas en politique et en littérature. Il fréquente tour à tour les cabinets ministériels, devint conseiller culturel, romancier, essayiste puis ambassadeur. Une vie à la Romain Gary…
Dans ce récit autobiographique, Rufin se confesse avec une pudeur, un style et une vivacité du ton qui lui est propre. Mais son récit captive surtout le lecteur, grâce aux nombreuses anecdotes cocasses dont il est émaillé. On le lit donc avec plaisir et intérêt surtout quand il s’éloigne des souvenirs intimes pour aborder les questions fondamentales concernant la médecine, la politique internationale ou le fonctionnement des O.N.G.
Quelques citations :
« A trop s’envelopper de mystère, toute chose finit par émousser l’intérêt qu’on lui porte » p. 35
« Jamais Michel n’a fait entrer dans ma vie autre chose que de l’exceptionnel du vivant, du vrai » p. 130
« La fatigue n’est pas une maladie et le repos n’est pas un traitement » p. 156
Prochaine lecture : Le théorème d’Almodovar d’Antoni Casas Ros (Gallimard)
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Publié par capucineroche