
J’ai toujours fait des fautes d’orthographe.
Enfant, j’accumulais les mauvaises notes en dictée. Adulte, j’utilise des subterfuges pour écrire le plus convenablement possible. J’emploie par exemple des synonymes lorsque j’hésite sur l’orthographe d’un mot ; j’adopte les temps les plus simples par peur de faire une faute de concordance ; j’écris sous word mes mails afin d’éviter au maximum les erreurs d’inattention. Et ainsi de suite…
Jusqu’à aujourd’hui, j’avais honte d’avouer cette lacune. Car c’en est une, il ne faut pas se leurrer. Mais après avoir lu Zéro faute de François de Closet, je me sens enfin décomplexée.
En lisant cet ouvrage, j’ai tout d’abord découvert que je n’étais pas un cas unique. En effet, certains hommes de lettres, aussi talentueux soient-ils, commettent eux aussi des fautes impardonnables. Je m’en doutais, bien évidemment… Mais, le voir écrit noir sur blanc a déclenché en moi une sorte de soulagement.
Ensuite, j’ai appris, sans chercher à me trouver des excuses, que la langue regorgeait d’aberrations. Juste une petite démonstration en guise d’exemple : Comment appelle-t-on quelqu’un qui a de l’orthographe ? Je vous laisse chercher quelques secondes… Vous ne voyez pas ? Pourtant, c’est si simple… Toujours pas ? Eh bien, je vais vous donner la réponse : c’est un « orthographe », écrit sur le même modèle qu’un « biographe » ; un « photographe » ; etc. Surprenant, non ? Depuis toujours nous employons à mauvais escient ce terme. On devait dire des fautes d’orthographies et non d’orthographe. « L’orthographe » employée au féminin et dans le sens d’ « orthographie » n’est qu’un vulgaire barbarisme. Et ce n’est pas là le seul exemple ! Notre langue en regorge…
Enfin, j’ai lu avec intérêt toute l’histoire de notre langue (ses évolutions, ses combats, ses échecs…) sans jamais m’ennuyer un seul instant. Et pour cause : ce livre n’a rien de laborieux ou de scolaire. C’est une sorte de roman de l’orthographe. Il y a du rythme car François de Closet est un journaliste qui a bati son œuvre sous la forme d’une grande enquête ; mais aussi de la pertinence et de l’humour.
Un livre magistral qui met en évidence les incohérences de notre langue et démontre qu’une simplification orthographique n’aurait pas trahi le français mais l’aurait au contraire rendu un peu plus cohérent…