“Les aimants” de Jean-Marc Parisis

octobre 5, 2009

 

Jean-Marc Parisis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allons droit au but : je suis déçue.

Terriblement déçue par le nouveau roman de Jean-Marc Parisis « Les aimants ». Et j’ai l’impression d’être la seule… La presse littéraire est unanime et crie au chef d’œuvre ! D’après elle, Parisis signe-là son meilleur roman. Foutaise ou copinage ? Quoi qu’il en soit, je ne partage absolument pas ce point de vue. Et sans vouloir contredire ces chers critiques littéraires, je pense l’inverse. C’est de loin son moins bon roman…

Et je ne suis pas en train de régler mes comptes. J’adore Jean-Marc Parisis. Son style poétique désenchanté ; son imaginaire chatoyant et ses thèmes souvent douloureux me plaisent. Parfois, en le lisant, je pense à Charles Bukwosky (la grossièreté en moins…). Car comme lui, il arrive à rendre le quotidien lumineux. A l’éclairer sous un nouveau jour. A le rendre romantique et fascinant.  Désillusionné, il ne tombe pourtant jamais dans le pathos. Il se contente de décrire les choses telles qu’elles sont et c’est ce qui les rend belles.

Excepté dans « Les aimants ». Parisis bascule dans les clichés. Un jeune homme et une jeune fille se rencontrent sur les bancs de la fac. Ils sont à la Sorbonne, en lettres, flânent dans le quartier Saint Germain ; passent leur temps au Rostand ; écrivent et se font lire leurs manuscrits…. Bref cela manque d’originalité. On a l’impression d’avoir déjà lu 100 fois ce roman. Et puis à part une ou deux phrases bien tournées son style tombe à plat. Il n’y a pas d’émotion. On ne ressent pas le vécu. Il ne se passe rien.

Mais où est passé l’auteur de la mélancolie des fast-food ?

Editions Stock 2009, 100 pages, 13,50€


“Le Marché des amants” de Christine Angot

septembre 24, 2008

En pleine nuit, j’ai demandé à mon mari de tester une nouvelle position.

J’avais lu dans le dernier roman de Christine Angot, Le marché des amants, que Doc Gynéco adorait la prendre par derrière les genoux croisés dans le dos. J’ai d’abord eu un peu de mal à imaginer la scène et puis j’ai eu envie d’essayer… Après tout, pourquoi pas !

Si la position s’est effectivement révélée plutôt efficace, le roman de Christine Angot m’a quant à lui beaucoup déçu. Moi qui suis une inconditionnelle d’Angot, qui me jette sur ses livres à peine arrivés en librairie, qui la défend coûte que coûte contre ses détracteurs et qui n’avais même aucun à priori sur sa liaison avec le chanteur de rap (on voit tellement n’importe quoi ici !), eh bien, je n’aurais jamais cru être un jour aussi déçue par l’un de ses livres !

Comme l’affirme avec beaucoup de justesse Christine Ferniot dans Lire (septembre), j’ai toujours trouvé que les romans de Christine Angot « allaient au-delà de l’autofiction » que sa vie d’écrivain devenait une vie d’écriture. Et puis, là plus rien ! Le marché des amants se résume à une vague « romance people entre Christine Angot et Doc Gynéco ».

Et dire que jusqu’à présent, je dévorais ses œuvres à toute allure, sans respirer, le cœur battant. Là, pour la première fois j’ai eu du mal à me concentrer. Je parcourais ses phrases en pensant à autre chose. J’attendais mollement d’arriver à la fin du livre. Une fois achevé, j’ai déposé le bouquin dans un coin de ma chambre. Et je l’ai oublié…

A noter cependant la sortie d’un très bon roman sur Angot : “Quelques jours avec Christine A.” L’auteur Frédéric Andrau – un jeune journaliste – raconte sa fascination pour Angot, établi des parallèles intéressants entre elle et Duras et fait tomber les masques de la littérature en brouillant les frontières entre réalité et fiction.

« Le Marché des amants », par Christine Angot, Seuil, 320 p., 19,90 euros
« Quelques jours avec Christine A. » de Frédéric Andrau, Plon, 178p.,18€.


Alabama Song de Gilles Leroy 2

janvier 25, 2008

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Mes impressions de lecture…
Certains m’ont reproché d’avoir démarré mon blog avec le prix Goncourt. Ils s’imaginaient que j’allais partir sur les chapeaux de roues et décortiquer toute l’actualité littéraire de janvier 2008… Eh bien non ! J’ai souhaité faire d’abord un petit retour en arrière, parce que c’est « ce » roman qui m’a donné envie de créer « Week-end books ».
Et pourtant, en ouvrant Alabama Song, j’avais quelque a priori… Je me disais : « Comment un homme – tout écrivain soit-il – peut-il se glisser dans la peau d’une femme sans vouloir duper ses lecteurs ? ». L’intention me paraissait donc risquée et même un peu cavalière… Mais ça fonctionne ! Non seulement, Gilles Leroy réussi à se glisser avec brio dans la peau de Zelda Fitzgerald mais il va encore plus loin puisqu’il fait d’elle une héroïne à part entière.
Alabama Song est le journal intime & imaginaire de l’épouse du célèbre écrivain Francis Scott Fitzgerald. Dans celui-ci, elle confie tour à tour ses sentiments, ses pensées, ses regrets et ses déboires les plus intimes. Elle décrit, étapes par étapes, la vie d’un couple en vogue dans les années 30. Son succès et sa chute… Car si la vie des Fitzgerald en a fait rêvé plus d’un, elle s’est néanmoins terminée dans la douleur et la déchéance. Crise, jalousie, alcool, folie, internement, électrochocs, lobotomie… leur existence a fini par tourner au cauchemar. Jusqu’à se détruire totalement, infiniement, inévitablement.
Le beau livre de Gilles Leroy (qui a emprunté son titre à une des chansons les plus connues du « Mahagonny » de Bertold Brecht) condense toute cette vie en moins de deux cents pages. En les lisant, écoutez attentivement le « je » subtile du romancier, vous entendrez la parole intense de Zelda. Celle qui fait tomber la part d’ombre et de lumière des Fitzgerald, si longtemps occultée.

Prochaine lecture : Mort et vie d’Edith Stein de Yann Moix (Grasset). A vendredi prochain !


Alabama Song de Gilles Leroy 1

janvier 4, 2008

Alabama Song de Gilles Leroy

Depuis qu’il a reçu le prix Goncourt, j’ai hâte de lire ce roman. Non pas parce qu’il vient d’être primé mais parce que Zelda Fitzgerald me fascine. Je dirais même plus : elle m’ensorcelle ! Avoir autant de culot, de liberté et de folie recèle quelque chose de terriblement romanesque.
Sur elle, je n’ai pour l’instant lu que deux ouvrages : Zelda et Scott Fitzgerald. Les années vingt jusqu’à la folie de Kendall Taylor (Autrement) ainsi que Zelda d’Agnès Michaux (Flammarion). Je me réjouis donc d’en lire un troisième : celui de Gilles Leroy.
Certains crient au chef d’œuvre, en affirmant à qui veut l’entendre « que c’est probablement le meilleur roman de la rentrée littéraire». D’autres, au contraire, estiment que le style est « abject » et « prétentieux ». Et ils ne s’arrêtent pas là ! Ils reprochent même au jury du Goncourt d’avoir récompensé une énième biographie romancée de Zelda. Deux avis radicalement opposés. Difficile donc de se faire une idée…

Vous l’avez lu? Qu’en avez vous pensé? J’attends vos réactions et vous livrerai les miennes vendredi prochain.